5 M$ à la francisation, mais 750 M$+ à l’anglicisation !

24 septembre 2020

PL66 : le MQF exhorte la CAQ de renoncer au projet d’agrandissement de Dawson  

C’est avec désarroi que le Mouvement Québec français (MQF) et ses partenaires ont pris connaissance du nouveau projet de loi 66 (anciennement loi 61) par lequel la CAQ entend reconduire, malgré toutes les levées de boucliers, le projet d’agrandissement du Collège Dawson, sis à Westmount. Alors qu’en début de semaine, le ministre Jolin-Barrette annonçait l’octroi d’une enveloppe supplémentaire de 5 M$ annuellement pour le nécessaire renforcement des effectifs de l’Office québécois de la langue française (OQLF), voici que le gouvernement caquiste entend cette fois donner le go à un chantier d’au moins 50 millions de dollars, « voué à hypertrophier encore davantage cette authentique machine à angliciser1 que constitue le Dawson College ».

1Voir les travaux du chercheur indépendant Frédéric Lacroix à ce sujet.

Le président du MQF, M. Maxime Laporte a fait valoir : « À quoi bon appliquer quelque plaster ou sparadrap, si c’est pour ensuite aggraver l’hémorragie à grands coups de couteau ? Quel drôle de nationalisme que ce national-masochisme de la CAQ ! »

Et comme si ça ne suffisait pas, le PL66 « privilégie également l’expansion de l’empire mcgillois dans le cadre d’un projet d’aménagement du site de l’ancien Hôpital Royal-Victoria, cela en dépit des appels visionnaires lancés par certains de nos plus brillants esprits, invitant plutôt à y construire une grande université de la Francophonie… Ce projet coûtera aux contribuables plus de 700 millions de dollars, selon Frédéric Lacroix. Après le scandale du McGill University Health Center, après les milliards de fonds publics engloutis dans cette monstruosité institutionnelle sur-financée, véritable catalyseur de l’anglicisation de notre métropole, on en redemande ? Cet auto-sabotage doit cesser. »

« Ces propositions se révèlent en totale contradiction avec le consensus exprimé par les Québécois de renforcer le statut de la langue française au Québec et de la volonté du gouvernement d’aller en ce sens. Ce genre de mesures irréversibles viendra balayer, voire anéantir tous les gains que l’on peut espérer d’une réforme de la loi 101 », a affirmé M. Laporte.

Il appelle le gouvernement Legault à la cohérence : « Je demande à la CAQ le retrait immédiat de ces projets profondément nuisibles à l’avancement de notre langue commune, insiste-t-il. Il faut impérativement cesser de contribuer, à même les fonds publics, à la détérioration et au déclassement mortel de nos institutions de langue française, au profit de l’offre anglophone. En ce qui a trait spécifiquement aux cégeps, il est plus que temps que le gouvernement fasse preuve de sérieux et élabore un plan de relance du réseau collégial francophone, au lieu chercher à lui nuire en alimentant sans cesse la concurrence déloyale que lui fait subir le réseau anglais. »

« Je réitère, une fois de plus, que la seule solution viable pour régler ce grave problème, consiste à étendre l’application de la loi 101 au cégep, ¾ aussi politiquement audacieuse puisse-t-elle paraître. Comme disait Pierre Falardeau, “on va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part”. », a-t-il conclu.

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