Un concours pour sauver le Français

10 juillet 2010

Un concours pour sauver le Français

Article de Reine Côté paru dans le journal 24 H le 10 juin 2010.

Inquiet du recul de la langue française au Québec et de « l’inertie » du gouvernement dans ce dossier, le Mouvement Montréal français (MMF) lance un concours pour dénoncer toute infraction à la loi 101 qu’il estime de plus en plus menacée.

Lors d ‘un point de presse, jeudi, le MMF a dévoilé son concours de « cyber-activisme », intitulé Citoyens pour le français, invitant de ce fait les Québécois à se rendre sur le site montrealfrancais.info pour identifier des infractions dans l’affichage commercial et ainsi se qualifier pour gagner divers prix.

L’adresse web qui dirige l’internaute directement sur le site du Mouvement Montréal français offre la possibilité de déposer une plainte accompagnée d’une photo ou d’une vidéo concernant une affiche publique ne respectant pas la prédominance du français, un peu comme certains citoyens le font auprès de l’Office de protection de la langue française du Québec.

Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, ne peut s’empêcher de constater que l’OPLQ demeure passif sur le traitement des plaintes. « Faute de moyens et d’inspecteurs insuffisants sur le terrain », a dit ce dernier, dans une tentative d’explication.

M. Beaulieu, et le porte-parole du MMF, le comédien Denis Trudel, se disent fort préoccupés par la chute du français dans la métropole et le projet de loi 103 concernant les écoles passerelles qui sera voté en septembre.

« C’est notre âme, la langue française »

Pour les deux militants, la défense de la langue française est loin d’être un débat dépassé. « Lorsqu’on parle de défendre le français, on passe pour des gens bornés, fermés ou dépassés, mais c’est notre âme la langue française », a affirmé le comédien, indigné.

« La langue, c’est le dernier bastion où l’on voit que l’on est encore des colonisés », a-t-il ajouté, en insistant sur le fait qu’en groupe les francophones font souvent usage de l’anglais en présence des anglophones même lorsqu’ils y sont minoritaires.

« À Montréal, les Québécois de langue française ne forment plus que 49 % de la population », a déploré M. Beaulieu.

L’anglais gagnerait aussi en popularité dans les villes ceinturant la métropole. Selon Statistique Canada, entre 2001 et 2006, l’utilisation de l’anglais a augmenté de 36 % en cinq ans sur le territoire lavallois. Au dernier recensement de 2006, la population « anglophone » de Laval était estimée à 48 845 personnes sur une population d’environ 364 000 individus.

Le MMF souhaite recueillir au moins 2000 plaintes. Le gagnant du concours sera d’ailleurs celui ou celle qui en aura le plus relevé le plus ou dont l’infraction est la plus pertinente. Les prix demeurent symboliques : livres, billets de spectacles, etc.

À l’automne, le Mouvement Montréal français entreprendra une tournée dans les régions du Québec pour sensibiliser la population à l’importance de protéger la langue française au moment où 50 000 personnes, en moyenne, entrent chaque année au Québec pour s’y installer.

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