Anglicisation: le mythe québécois – Réponse du journal l’Action.com au président du Mouv. Lanaudière français

29 mars 2011

Anglicisation: le mythe québécois

 

Dans une lettre ouverte publiée cette semaine, Jacques Archambault, président du Mouvement Lanaudière français, fustige la décision du gouvernement d’instaurer le cours d’anglais intensif, communément appelé «bain linguistique», pour tous les élèves de sixième année au Québec.

Il écrit: « Devrons-nous alors nous étonner de voir les jeunes Québécois parler l’anglais entre eux, comme le font déjà les jeunes Franco-Ontariens? Devrons-nous nous étonner de les voir rejeter leur langue et leur culture et s’angliciser? »

 

J’ai moi-même fait le bain linguistique il y a un peu plus d’une décennie et, comme tous mes anciens collègues de classe, je n’en suis pas moins un Québécois francophone et fier de l’être. La seule différence est que je me débrouille mieux en anglais que la plupart des gens de mon âge qui n’ont pas eu la chance – car oui, c’est vraiment une chance – de faire le cours d’immersion.

 

C’est bien beau être «maîtres chez nous», mais si on veut vraiment que le Québec brille à travers le monde, nos enfants doivent connaître un minimum de la langue de Shakespeare. Croyez-vous que Guy Laliberté et Laurent Beaudoin ont conquis le globe en parlant uniquement le français?

 

C’est une réalité à laquelle tous – Chinois, Allemands et Grecs compris – doivent faire face: pour faire des affaires ou simplement pour communiquer entre cultures, on doit parler une langue commune et cette langue s’est avérée être l’anglais. Seuls les «puristes» de la langue française refusent d’ouvrir les yeux et de constater cette réalité qui, pourtant, ne menace en rien notre culture, quoi qu’en disent certains.

 

Ce discours alarmiste, on le répète ad nauseam et pourtant, la culture québécoise est plus vivante que jamais et nous sommes toujours plus de 80% à parler la langue de nos ancêtres.

 

Seule ombre au tableau: la situation à Montréal, où le français est, c’est vrai, en perte de vitesse. Mais il serait faux de croire que le reste du Québec est sur la même pente déclinante. La réalité d’une métropole mondiale est aux antipodes de ce qui se passe à Gaspé, à Trois-Rivières ou même chez nous, dans Lanaudière.

 

Ce débat stérile sur la langue, qui n’inspire que la peur et l’intolérance, a assez duré. Vivement qu’on passe à autre chose.

 

twtter.com/RaphaelMelancon

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