Langue française – Encore un incident isolé…

20 novembre 2016

Nicole Martel, Tribune libre, Vigile, 12 janvier 2010. Avant de voir Montréal devenir un gros Moncton, j’aimerais dire haut et fort que je refuse de me laisser « givrer ». Donc ma prochaine action sera de prendre mon grabat (pancarte) et de marcher ! ———– J’habite Ahuntsic, un arrondissement francophone du Nord de Montréal. Quelques jours avant la fête de Noël, le 23 décembre dernier, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres une circulaire des magasins The Brick’s, livrée par Postes Canada|. « Boxing Day Blowout ! » Uniquement en anglais! Moi, qui avais manifesté devant les bureaux de l’avocat anglophone Brent Tyler, l’automne dernier, contre le fameux jugement de la Cour suprême du Canada invalidant la loi 104, je n’en croyais pas mes yeux. J’étais furieuse. Le vase a débordé, le même jour, lorsque chez ma coiffeuse vietnamienne dont le salon est situé sur la rue Fleury, on m’a remis un tout nouveau calendrier pour l’année 2010, en anglais d’abord, puis en vietnamien, ensuite. Erreur ou incident isolés, peu importe, le coup de l’incident isolé sent de plus en plus le vieux fromage… À preuve encore, dernièrement, alors qu’un journaliste a sonné l’alarme afin de dénoncer le fait que la sélection musicale pendant un match de hockey (entre les Canadiens et les Penguins de Pittsburgh) avait été anglophone à 96 %. Un autre incident isolé! Puis, cette façon pour le moins méprisante dont un résident d’Outremont s’est fait aborder par un « allophone », alors qu’il marchait dans une rue de son quartier. « Oh! You are one of those. Fuck you! ». Je le répète, j’habite Ahuntsic et ce quartier n’est ni Dorval, ni Pointe-Claire, ni Dollard-des-Ormeaux, ni Saint-Laurent, ni même Lachine, où la majorité des francophones anesthésiés par l’habitude, l’impuissance et l’indifférence n’entendent même plus lorsqu’on ne parle que l’anglais autour d’eux, et cela à coeur de journée. Avant de voir Montréal devenir un gros Moncton, j’aimerais dire haut et fort que je refuse de me laisser « givrer ». Donc ma prochaine action sera de prendre mon grabat (pancarte) et de marcher! J’ai laissé deux messages dans la boîte vocale de madame Geneviève Labelle à l’Office québécois de la langue française, les 23 décembre et 8 janvier derniers. J’attends toujours un appel de cette dernière. Source.

 

angue française

Encore un incident isolé…

Tribune libre de Vigile
mardi 12 janvier 2010

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J’habite Ahuntsic, un arrondissement francophone du nord de Montréal. 
Quelques jours avant la fête de Noël, le 23 décembre dernier, j’ai reçu
dans ma boîte aux lettres une circulaire des magasins The Brick’s, livrée
par Postes Canada|. « Boxing Day Blowout ! » Uniquement en anglais !

Moi, qui avait manifesté devant les bureaux de l’avocat anglophone Brent
Tyler, l’automne dernier, contre le fameux jugement de la Cour suprême du
Canada invalidant la loi 104, je n’en croyais pas mes yeux. J’étais
furieuse.

Le vase a débordé, le même jour, lorsque chez ma coiffeuse vietnamienne
dont le salon est situé sur la rue Fleury, on m’a remis un tout nouveau
calendrier pour l’année 2010, en anglais d’abord, puis en vietnamien,
ensuite.

Erreur ou incident isolé, peu importe, le coup de l’incident isolé sent de
plus en plus le vieux fromage … À preuve encore, dernièrement, alors
qu’un journaliste a sonné l’alarme afin de dénoncer le fait que la
sélection musicale pendant un match de hockey (entre les Canadiens et les
Penguins de Pittsburgh) avait été anglophone à 96%. Un autre incident
isolé !

Puis, cette façon pour le moins méprisante dont un résident d’Outremont
s’est fait aborder par un « allophone », alors qu’il marchait dans une rue de
son quartier. « Oh ! You are one of those. Fuck you ! ».

Je le répète, j’habite Ahuntsic et ce quartier n’est ni Dorval, ni
Pointe-Claire, ni Dollard-des-Ormeaux, ni Saint-Laurent, ni même Lachine,
où la majorité des francophones anesthésiés par l’habitude, l’impuissance
et l’indifférence n’entendent même plus lorsqu’on ne parle que l’anglais
autour d’eux, et cela à coeur de journée. Avant de voir Montréal devenir
un gros Moncton, j’aimerais dire haut et fort que je refuse de me laisser
« givrer ». Donc ma prochaine action sera de prendre mon grabat (pancarte)
et de marcher !

J’ai laissé deux messages dans la boîte vocale de madame Geneviève Labelle
à l’Office québécois de la langue française, les 23 décembre et 8 janvier
derniers. J’attends toujours un appel de cette dernière.

Nicole Martel

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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