A Montréal, parler français est une politesse élémentaire

06 juin 2009

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, Tribune libre, Vigile 5 juin 2009

La politesse selon Peter Trent : un nouveau principe de Peter.

A l’occasion de l’annonce de la mise en candidature de Louise Harel à la mairie de Montréal, l’ex-maire de Westmount, l’ex-britannique bilingue Peter Trent qui n’a même pas le droit de vote à l’élection de novembre 2009 y est allé d’un commentaire qui traduit l’arrogance des Anglophones de la grande région de Montréal quand les libéraux provinciaux (leur parti) sont au pouvoir à Québec.

Louise Harel a essayé de répondre à des questions en anglais. Difficilement malgré sa bonne volonté évidente. Disons qu’elle ne maîtrise pas bien la langue anglaise. A ce propos, Peter Trent a dit : “C’est certain que c’est un manque de politesse et de respect pour la moitié de la population montréalaise.”

Selon Agnès Gruda de La Presse, “affirmer que Montréal est composé à 50% de non-francophones est cependant un raccourci périlleux.” Selon le recensement de 2006 de Statistique Canada, 60% des Montréalais parlent le français à la maison, 19% des Montréalais parlent l’anglais à la maison et 21% parlent une autre langue que le français ou l’anglais. D’autre part, 87% des Montréalais ont une connaissance du français.

Luc Thériault du Mouvement Montréal Français qui manifeste demain a bien dit qu’il y a trente-deux ans, la loi 101 faisait du français la seule langue officielle de l’espace public québécois, la langue de travail, la langue commune et la langue d’intégration des nouveaux arrivants. Puisque 87% de la population montréalaise a une connaissance du français, ne pourrait-on pas demander aux 13% de Montréalais qui disent ne pas avoir de connaissance du français d’appliquer le nouveau principe de Peter : faire un effort pour apprendre le français car la politesse l’exige. L’exige aussi le respect pour la majorité des francophones qui habitent Montréal.

J’en profite pour dire que la situation où sont placées Pauline Marois et Louise Harel quand des journalistes qui comprennent parfaitement le français les obligent à parler anglais est une situation coloniale. Dans ce monde où la communication est primordiale, essayer de s’exprimer sur des sujets politiques complexes dans une langue qu’on ne maîtrise pas, devant des journalistes souvent hostiles qui sont appelés à fournir les mots qui manquent à la femme politique non bilingue, c’est accepter de se placer dans une situation de vulnérabilité totalement inacceptable. (Que Maka Kotto parle à Pauline Marois)

Que Louise Harel invite les Montréalais, tous les Montréalais à améliorer leur français en l’écoutant parler en français. Ce serait faire preuve de dignité, de fierté. Ce serait montrer que la loi 101 fait du français la langue commune, la langue de tout le monde au Québec. C’est en se comportant dès maintenant comme si le Québec était un pays français qu’on donnera le goût de l’indépendance. Et que l’éditorialiste de la Gazette et son journaliste émérite Don Macpherson aillent se faire cuire un oeuf… provenant d’une poule fédéraliste et bilingue.

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