« La hausse des frais de scolarité cache-t-elle une injustice ?

18 octobre 2011

Trois-Rivières, le 18 octobre 2011 – « Le français est aussi l’affaire de la Mauricie qui subit le déclin du français de la Métropole » déclare le président du Mouvement Québec français (MQF), Mario Beaulieu qui donnait aujourd’hui une conférence-midi au cégep de Trois-Rivières pour démontrer que les étudiants de Trois-Rivières et les Mauriciens et Mauriciennes subissent déjà des injustices à cause de l’anglicisation de Montréal. Monsieur Beaulieu était accompagné du représentant du Mouvement Mauricie français, Jean Breton.

Selon les études colligées par le MQF, les cégeps et les universités anglophones bénéficient d’un financement disproportionné au détriment des ressources allouées à ces institutions dans les régions éloignées de Montréal. Au niveau collégial, les établissements anglophones reçoivent 16 % du financement gouvernemental alors que la minorité historique anglophone ne représente que 8,2 % de la population québécoise. Au niveau universitaire, la disproportion s’accentue alors que 27 % du financement est injecté dans le réseau anglophone.

Monsieur Beaulieu fait valoir que les établissements francophones hors Québec reçoivent 480 millions $ pour 975 392 francophones hors Québec. Pour ce qui est des établissements anglophones au Québec, la somme est de 1,688 milliard $ pour 607 163 anglo-québécois de langue maternelle. Le président de Mouvement Québec français a plaidé auprès des cégépiens de Trois-Rivières que : « C’est parce que Montréal s’anglicise et qu’on exige inutilement de plus en plus le bilinguisme chez les travailleurs québécois, qu’un nombre important d’étudiants des régions migre vers la métropole pour étudier dans les institutions anglophones. »

Par exemple, dans la dernière année, le cégep de Dawson a ouvert à lui seul 1 000 nouvelles places, alors que l’ensemble du réseau collégial francophone n’a pas vu augmenter ses inscriptions. Donc, le financement du réseau anglophone continue d’augmenter et celui du réseau francophone stagne ou est en baisse dans certaines régions du Québec. Il s’agit d’une tendance lourde de conséquences pour la société québécoise et qui ne se limite pas à la question linguistique. À titre d’exemple, la concentration du financement à Montréal, jumelée à son anglicisation grandissante, appauvrira des régions et marginalisera même des régions à forte majorité francophone. Se profilerait donc à l’horizon, à moyen terme, un retour de la marginalisation et de la discrimination linguistique pour les travailleurs francophones.

Pendant ce temps, les établissements en région se vident et voient leur financement s’effriter à vue d’œil. Lorsqu’on sait qu’une part importante des étudiants allophones qui étudient à l’université anglophone quitte le Québec pour aller travailler ailleurs, il est à se demander jusqu’à quel point nous nous comporterons comme une nation colonisée éduquant à ses frais les travailleurs qui enrichiront l’économie voisine.

Voilà pourquoi toute la structure du financement post-secondaire doit être repensée et que la hausse des frais de scolarité semble cacher une injustice basée sur la langue. « Indignons-nous ! propose Mario Beaulieu, et réclamons du gouvernement du Québec un financement plus équitable de nos institutions d’enseignement qui respecterait la langue de la nation québécoise, mais aussi la proportion en pourcentage des groupes linguistiques. »

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Mouvement Québec français Mauricie

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