COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Des centaines de citoyens se rassemblent pour le français au travail

29 avril 2007

Montréal, le 29 avril 2007 — À la veille de la Fête des Travailleurs du 1er mai, plusieurs centaines de personnes ont participé au rassemblement du Mouvement Montréal français ayant pour thème « Une langue à partager au travail ». Le MMf, une coalition non partisane, vise à mobiliser la société civile pour faire du français la véritable langue officielle et commune de la région métropolitaine de Montréal. Ce rassemblement se déroulait dans le cadre de la campagne de sensibilisation « Une langue à partager» entreprise par le MMf en décembre dernier.

Cette campagne veut inciter les citoyens et surtout les travailleurs à prendre le temps et à investir les efforts requis pour communiquer en français dans l’espace civique avec tout interlocuteur au Québec. Le statut de langue commune pour le français à Montréal est essentiel pour permettre l’inclusion de tous les citoyens et citoyennes du Québec dans un espace public commun et pour assurer l’avenir du français au Québec. Le MMf considère essentiel de remobiliser massivement les travailleurs pour faire du français la langue commune. Un des principaux objectifs de la loi 101 était de faire du français la langue normale et habituelle du travail. Trente ans plus tard, les études montrent que cet objectif est encore loin d’être atteint et qu’il y eu des reculs à plusieurs égards. Moins de la moitié des Québécois allophones travaillent le plus souvent en français alors que les francophones forment pourtant 83 % de la population.

Plusieurs dirigeants syndicaux ont pris la parole lors de cette assemblée, soit René Roy (secrétaire général de la FTQ), Claudette Carbonneau (présidente de la CSN), Réjean Parent (président de la CSQ) et Raymond Legault (président de l’Union des Artistes).

Selon Mario Beaulieu, porte-parole du MMf, « la campagne Une langue à partager vise à mobiliser les citoyens, mais il est essentiel que le gouvernement prenne des mesures importantes. Les difficultés du français dans les milieux de travail ont fait l’objet de plusieurs études depuis une quinzaine d’années et récemment d’un Avis du Conseil supérieur de la langue française (2004), mais à peu près aucune des recommandations importantes n’a été appliquée. » D’une part, le MMf considère qu’il est essentiel que les entreprises de moins de 50 employés fassent l’objet d’un processus de certification de l’Office québécois de la langue française. Les entreprises de 10 à 49 employés regroupent le tiers de la main-d’œuvre au Québec et une forte proportion des nouveaux arrivants dans la région de Montréal. Dans les grandes entreprises, l’attribution des certificats de francisation permet d’établir des conditions favorables, mais elle n’assure pas la généralisation de l’usage du français, notamment dans les communications orales. Ce sont les comités de francisation qui ont le rôle de maintenir ces conditions et de s’assurer que le français soit véritablement la langue de travail dans l’entreprise. Il est donc crucial de revitaliser ces comités, car toutes les études montrent qu’une très faible proportion de ces comités de francisation sont actifs et efficaces. Il faut également modifier les mécanismes de recours en cas d’exigence injustifiée de bilinguisme dans les offres d’emploi. Les recours actuels sont inopérants, notamment parce qu’un travailleur qui porte plainte se place dans une situation fort délicate par rapport à son employeur ou futur employeur. Une amélioration du processus de francisation des entreprises nécessite que les travailleurs aient une bonne maîtrise de la langue. Il faut améliorer les services de francisation des nouveaux arrivants en ciblant les efforts, tout particulièrement la formation dans les milieux de travail. Il faut non seulement abolir les coupures, mais augmenter les allocations pour la francisation des nouveaux arrivants ! Dans le contexte où la croissance de la population dépend de plus en plus de l’immigration, il est vital d’investir et de faire de la francisation un droit fondamental.

« Il est de plus en plus évident que la volonté politique de faire respecter le droit de travailler en français est absente. Dans ce cas, la seule voie pour faire du français la véritable langue commune des milieux de travail est celle de la mobilisation des composantes de la société civile, celle de la rue », de déclarer Mario Beaulieu.

COMMUNIQUÉ

 

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