Discours en anglais seulement de la mairesse Plante : « Il n’y a pas d’excuse. On veut de l’action pour le français à Montréal ! »

Montréal, 5 décembre 2018 – Le Mouvement Québec français (MQF), par la voix de son président Maxime Laporte, dénonce le très désolant manque d’exemplarité dont a encore fait preuve la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en prononçant un discours uniquement en anglais mardi en présence d’investisseurs étrangers. Au moment où les Franco-Ontariens se mobilisent contre les politiques anti-francophones du gouvernement Ford, au moment où le français comme principale langue parlée à la maison est en voie de devenir minoritaire dans l’ile de Montréal, « c’est d’autant plus inacceptable ».

Pour justifier son comportement digne d’une époque qu’on croyait révolue, la mairesse a d’abord fait valoir qu’elle « était dans le moment », avant d’admettre son erreur puis de publier un « mea culpa »… C’est bien, mais vu la récurrence des faux pas commis par l’administration Plante quant au statut du français à Montréal depuis l’élection municipale de 2017, le MQF estime que les excuses ne suffisent plus. Il faut de l’action, du concret.

Demandes

Le 15 mai dernier, Mme Plante avait pourtant reçu dans ses bureaux la visite des dirigeants du MQF et de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), dans le but spécifique de discuter du problème de la langue à Montréal, plus particulièrement en ce qui a trait à la mairie. D’autres représentations avaient aussi été effectuées par la branche montréalaise du MQF, le Mouvement Montréal français (MMF). Aujourd’hui, ces organismes réitèrent leurs demandes minimales déjà adressées à la mairesse, savoir :

  • qu’on respecte et fasse respecter, en tout lieu et en tout temps, l’esprit et la lettre de la loi 101 dans le cadre des activités et des communications émanant de la mairie ;
  • que soit créé un poste de responsable de l’application de la Charte de la langue française au sein du Comité exécutif ;
  • que la mairesse réaffirme formellement et solennellement le statut de Montréal en tant que métropole francophone des Amériques, et surtout que « les bottines suivent les babines ».

Ces mesures s’ajoutent bien sûr aux revendications constantes visant le respect du français, langue des services, de l’administration, du travail, du commerce, des communications, etc.

Montréal n’est pas une ville institutionnellement bilingue

M. Laporte a affirmé : « Valérie Plante est la mairesse de Montréal, Québec. Pas de Toronto. Pas de “Moncton, New Brunswick”. Pas d’”Ottawa, Canada”… »

« Cela implique une responsabilité vis-à-vis du statut du français. Lorsqu’elle se présente en public, la mairesse n’a d’autre choix que de jouer son rôle de représentante, son rôle “institutionnel”, dans le respect de ses attributions et de notre seule langue “institutionnelle”, justement : le français. C’est ce qu’on appelle l’exemplarité en matière linguistique. Ainsi, la mairesse de Montréal, métropole française des Amériques, ne peut simplement pas se transformer, selon son bon vouloir, en “mayor of Montreal”, aussi anglophile puisse-t-elle être (pour dire le moins)… Peu importe le public auquel elle s’adresse, elle doit montrer qu’elle est la mairesse de tous les Montréalais, en incarnant par ses actes et ses paroles le principe du français, langue commune, langue de l’inclusion, langue de l’État, car telle est la langue qui nous unit tous et toutes, peu importe nos origines. »

« Montréal, faut-il le rappeler, constitue une cité « de langue française », comme l’indique noir sur blanc l’article premier de la Charte de la Ville. Or, « de langue française », ça ne veut pas dire « bilingue » ; ça ne veut pas dire « on renie notre langue dès qu’un anglophone est dans la pièce »… Enfin, si la courtoisie est toujours de mise notamment en matière de relations internationales, nos élus ont le devoir absolu de bien faire sentir qu’au Québec, la seule langue commune de nos institutions publiques et politiques, c’est le français, – quitte à faire appel à des traducteurs, s’il le faut, comme le font régulièrement les politiciens à travers le monde. Aux yeux du monde entier, la plus grande richesse de Montréal, ce qui fait sa personnalité unique, c’est son cœur francophone. Puisse notre mairesse être à la hauteur de ce trésor d’une valeur inestimable. »

Le Mouvement Québec français est un organisme non-partisan voué à faire du français, la seule langue commune et officielle au Québec.

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