Écoles passerelles – Manifestation pour le français

19 octobre 2010

Manifestation pour le français

Les reportages de Sébastien Bovet et Denis-Martin Chabot

Près de 2000 personnes s’étaient rassemblées lundi soir devant les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest pour dénoncer le projet de loi sur les écoles passerelles, à l’appel d’une coalition d’organismes syndicaux, sociaux et politiques.

Près de 2000 personnes ont manifesté lundi soir devant les bureaux montréalais de Jean Charest pour dénoncer le projet de loi sur les écoles passerelles. La coalition contre la loi 115 promet d’autres actions.

Les manifestants ont observé une minute de silence pour souligner le bâillon imposé par le gouvernement Charest à l’Assemblée nationale pour l’adoption de la loi 115 (anciennement loi 103).

Ont suivi des discours de défenseurs du français et des prestations musicales fortement politiques. L’événement s’est clos sur des paroles de Gaston Miron.

Le président de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal (SSJBM), qui coordonnait le spectacle-manifeste, a promis de maintenir mobilisés les opposants à cette loi et a promis d’autres actions à venir partout au Québec.

« Quand on va à l’école française, ben on ne fait pas juste apprendre une langue, mais on s’intègre à la culture d’une nation. »— Mario Beaulieu

Le spectacle a réuni des artistes comme les chanteurs Daniel Boucher et Claude Gauthier, l’acteur Julien Poulin, l’écrivain Yves Beauchemin et des personnalités publiques, dont les chefs syndicaux Claudette Carbonneau et Réjean Parent, ainsi que la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David.

La coalition contre le projet de loi 115 affirme que la loi permettra aux plus riches de contourner la Charte de la langue française, en leur accordant le droit d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise publique s’ils ont fréquenté l’école anglaise privée non subventionnée pendant trois ans.

En entrevue lundi à RDI, l’écrivain Yves Beauchemin a accusé le premier ministre Jean Charest de souffrir de « surdité politique ».

« Le conseil de la langue française désapprouve cette loi, conseille de ne pas l’adopter, et trois quarts des personnes, des organismes qui sont passés devant la commission parlementaire sont contre cette loi-là, mais M. Charest continue son chemin quand même, et veut même adopter cette loi-là, sous bâillon. »— Yves Beauchemin
Raymond Legault, président de l'UDARaymond Legault, président de l’UDA

Le président de l’UDA, présent à la manifestation, estime que le débat embrasse bien plus large que la seule question des écoles passerelles.

« Aujourd’hui, cette manifestation, c’est bien sûr contre la loi 103, mais surtout pour la présence du français, en particulier à Montréal, où on sent vraiment que c’est en train de basculer, où le français est de moins en moins présent et l’anglais omniprésent. »— Raymond Legault, président de l’UDA

Pour sa part, le chanteur Daniel Boucher considère que « la langue, c’est viscéral ». Il rappelle qu’à Montréal, il est difficile de « se faire parler » en français.

« Qu’on soit artiste ou peu importe le métier qu’on fait, au-delà de ça, on est des citoyens du Québec. Et il faut qu’on se mêle de nos choses et il faut qu’on s’implique dans le fonctionnement de notre société. »— Daniel Boucher

Le mois dernier, 3000 personnes s’étaient rassemblées sur la même question à Montréal.

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