Étendre la portée de la Charte de la langue française au collégial

16 juin 2020

À l’heure actuelle, les cégeps anglophones sont financés à même les impôts des contribuables québécois, ce qui signifie que le Québec finance sa propre anglicisation. Sans remettre en question les droits de la minorité historique anglophone, est-il avisé de payer l’anglicisation d’une grande proportion de la population non anglophone du Québec à même les fonds publics, après avoir mis tant d’efforts pour franciser les jeunes allophones durant leur scolarité primaire et secondaire ? Permettre le « libre choix » au collégial défavorise le français en faveur de l’anglais. Le professeur Charles Castonguay a d’ailleurs prouvé, en s’appuyant sur une étude statistique qu’il a faite des cohortes d’étudiants de 1991 à 2006 (à partir des derniers recensements), que « le libre choix fait échec à l’effet de la loi 101. C’est très profond. Ça touche la langue du travail. Ça touche ensuite la langue qu’on adopte comme langue d’identité, dans l’intimité des foyers ». Manifestement, le passage de francophones (5 %) et d’allophones (40 %) au collégial anglais contribue largement à l’anglicisation du marché du travail.
Si nous voulons mettre un frein aux inscriptions massives dans les cégeps anglophones, et ainsi protéger le statut du français comme langue commune de l’espace public, la seule solution viable est d’étendre l’application de la loi 101 au collégial. Nous ne pouvons pas laisser l’anglais s’institutionnaliser. Une majorité de francophones sont en faveur d’un renforcement de la loi 101, c’est maintenant qu’il faut agir.

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