Forces armées canadiennes – les francophones toujours défavorisés

20 novembre 2016

Dominique La Haye, Journal de Québec, Presse canadienne, 2 juin 2010. Non seulement les militaires francophones peinent à avoir accès à une formation dans leur langue au sein des Forces canadiennes, mais la formation qu’ils reçoivent n’est pas à jour comme celle de leurs collègues anglophones. C’est le constat que fait le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, dans un rapport sévère rendu public, mercredi. Ce dernier conclut que les militaires francophones – qui représentent 27 % des Forces – sont encore loin d’avoir un « accès égal » à une formation dans leur langue au sein des Forces canadiennes. « La situation des langues officielles est inquiétante. Il est clair que la notion d’offrir une instruction aux étudiants dans la langue officielle de leur choix ne fait pas partie ni de la politique ni de la structure de gouvernance du système », écrit le commissaire. Sa vérification porte précisément sur le système d’instruction individuelle et d’éducation des Forces et montre qu’il manque toujours d’instructeurs capables d’enseigner en français. Environ 83 % des établissements de formation des Forces souffrent d’une pénurie d’instructeurs bilingues. Ce problème n’est pas nouveau puisqu’il avait été soulevé par le commissariat aux langues officielles dans un rapport daté de 1989. Par ailleurs, la traduction du matériel pédagogique pose aussi problème. Le commissaire note des retards de traduction et un manque de planification qui font en sorte que les étudiants anglophones et francophones n’ont pas droit à la même formation. « Selon nous le recours à des cours non mis à jour est inacceptable », poursuit M. Fraser. Le commissaire est aussi d’avis qu’il existe une « perception d’injustice » à l’égard des instructeurs francophones qui doivent assurer en majeure partie l’instruction des militaires dans la langue officielle de leur choix. Le commissaire constate aussi qu’il reste un trop grand nombre d’officiers de grades supérieurs qui ne satisfont pas aux exigences linguistiques de leurs grades, y compris des commandants d’établissements d’enseignement. Pour combler les lacunes, le commissaire aux langues officielles a fait 20 recommandations à l’intention des Forces. « On est conscient du problème, on y travaille, mais le changement ne se fait pas du jour au lendemain », indique pour sa part le directeur des langues officielles pour la Défense nationale, Louis Meloche. Ce dernier précise qu’un plan d’action de cinq ans a été mis en place jusqu’en 2012 pour corriger la situation. Points saillants du rapport: -Des lacunes dans la planification stratégique et opérationnelle empêchent les Forces canadiennes d’évaluer efficacement le nombre de cours requis dans chaque langue officielle. -Le temps d’attente pour les cours dans la langue officielle de choix du militaire est souvent long. -Il y a une importante pénurie d’instructeurs capables de donner des cours dans les deux langues. -Les langues officielles ne sont pas considérées comme des éléments essentiels du cadre de gestion de l’instruction individuelle et de l’éducation. -Les Forces ne sont pas toujours en mesure de fournir le matériel pédagogique dans les deux langues. Source.

 

FORCES ARMÉES CANADIENNES | FORMATION

Les francophones toujours défavorisés

 
  • 0
  •  
  •  
  • AUTRES
 
© LES ARCHIVES – PCGraham Fraser
 
Dominique La Haye

Mercredi, 2 juin 2010 11:39MISE à JOUR Mercredi, 2 juin 2010 11:39

Non seulement les militaires francophones peinent à avoir accès à une formation dans leur langue au sein des Forces canadiennes, mais la formation qu'ils reçoivent n'est pas à jour comme celle de leurs collègues anglophones.

 

C'est le constat que fait le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, dans un rapport sévère rendu public, mercredi. Ce dernier conclut que les militaires francophones – qui représentent 27 % des Forces – sont encore loin d'avoir un «accès égal» à une formation dans leur langue au sein des Forces canadiennes.

«La situation des langues officielles est inquiétante. Il est clair que la notion d'offrir une instruction aux étudiants dans la langue officielle de leur choix ne fait pas partie ni de la politique ni de la structure de gouvernance du système», écrit le commissaire.

Sa vérification porte précisément sur le système d'instruction individuelle et d'éducation des Forces et montre qu'il manque toujours d'instructeurs capables d'enseigner en français. Environ 83 % des établissements de formation des Forces souffrent d'une pénurie d'instructeurs bilingues. Ce problème n'est pas nouveau puisqu'il avait été soulevé par le commissariat aux langues officielles dans un rapport daté de 1989.

Par ailleurs, la traduction du matériel pédagogique pose aussi problème. Le commissaire note des retards de traduction et un manque de planification qui font en sorte que les étudiants anglophones et francophones n'ont pas droit à la même formation.

 

«Selon nous le recours à des cours non mis à jour est inacceptable», poursuit M. Fraser.

Le commissaire est aussi d'avis qu'il existe une «perception d'injustice» à l'égard des instructeurs francophones qui doivent assurer en majeure partie l'instruction des militaires dans la langue officielle de leur choix.

Le commissaire constate aussi qu'il reste un trop grand nombre d'officiers de grades supérieurs qui ne satisfont pas aux exigences linguistiques de leurs grades, y compris des commandants d'établissements d'enseignement.

Pour combler les lacunes, le commissaire aux langues officielles a fait 20 recommandations à l'intention des Forces.

«On est conscient du problème, on y travaille, mais le changement ne se fait pas du jour au lendemain», indique pour sa part le directeur des langues officielles pour la Défense nationale, Louis Meloche. Ce dernier précise qu'un plan d'action de cinq ans a été mis en place jusqu'en 2012 pour corriger la situation.

Points saillants du rapport:

-Des lacunes dans la planification stratégique et opérationnelle empêchent les Forces

canadiennes d'évaluer efficacement le nombre de cours requis dans chaque langue officielle.

-Le temps d'attente pour les cours dans la langue officielle de choix du militaire est souvent long.

-Il y a une importante pénurie d'instructeurs capables de donner des cours dans les deux langues.

-Les langues officielles ne sont pas considérées comme des éléments essentiels du cadre de gestion de l'instruction individuelle et de l'éducation.

-Les Forces ne sont pas toujours en mesure de fournir le matériel pédagogique dans les deux langues.

Partager cet article :