En français, s’il-vous-plaît!

Le bilinguisme institutionnel, tel que pratiqué par notre propre gouvernement national, est non seulement une violation de la Loi 101, mais le principal vecteur d’anglicisation au Québec. Il faut impérativement y mettre fin.

MQF – 23/02/2018

VIDÉO – Bilinguisme institutionnel

Il est parfois étonnant de constater à quel point des enjeux importants passent carrément sous le radar… Un exemple éloquent : la Loi 104 – loi qui modifiait la Charte de la langue française – , votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, le 12 juin 2002. L’article 1 de cette loi n’est toujours pas en vigueur… 16 ans plus tard ! Que prévoit ce fameux article ? Elle impose au gouvernement du Québec et à ses sociétés publiques l’utilisation du français dans toute sa correspondance avec les personnes morales – comme les entreprises, les organismes, etc. –établies au Québec. Ce qui, ma foi, semble aller de soi pour une nation dont la langue officielle est le français. On ne parle pas ici de bilinguisme individuel, qui constitue une richesse en soi, mais de la langue dans laquelle l’État s’adresse aux organisations situées sur son territoire. Alors, ça va de soi ? Pas du tout…

La dérive du bilinguisme institutionnel

Au Québec, c’est pourtant clair : le français est la seule langue officielle. En refusant de mettre en vigueur l’article 1 de la loi 104, le gouvernement libéral renie sa parole et favorise l’anglicisation. C’est complètement irresponsable ! C’est juste normal qu’au Québec, le gouvernement et ses sociétés communiquent uniquement en français avec les personnes morales établies sur le territoire québécois. Tout comme c’est en islandais en Islande, en anglais en Grande-Bretagne et en danois au Danemark ! C’est une simple question de respect de soi-même !

Pourtant, l’enjeu est majeur. D’ailleurs, la Société Saint-Jean-Baptiste a décidé – après avoir interpellé en vain le gouvernement libéral – de poursuivre ce dernier devant les tribunaux afin qu’il fasse son travail et mette en vigueur cet article.

« Pendant que le français ne cesse de dégringoler, la négligence de nos dirigeants quant au statut et la vitalité de notre langue commune est ahurissante. Trop souvent, ce gouvernement semble se comporter en simple succursale du fédéral, ayant intériorisé le dogme du bilinguisme anglicisant si cher aux trudeauistes…. Or, le statut du français au Québec n’est pas officiel qu’à moitié ! », explique Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste (1).

Rappelons que, dans un premier temps, en septembre dernier, la SSJB a mis en demeure le gouvernement libéral de fixer la date d’entrée en vigueur de l’article 1 de la loi 104. Vu l’absence de réponse de la part de Philippe Couillard, un pourvoi a été déposé le 19 janvier dernier au Palais de justice de Québec afin d’enjoindre le gouvernement à mettre en vigueur cette importante disposition renforçant la loi 101.

La seule chose à laquelle le gouvernement libéral a consenti, c’est de demander une étude afin de vérifier quelle est la pratique dans ses ministères et ses sociétés publiques. Pensez-vous que les résultats de cette étude seront dévoilés avant les prochaines élections ? Permettez-moi d’en douter.

Le français, seule langue officielle ? Le test de la réalité…

En théorie, au Québec, il n’y a qu’une seule langue officielle au Québec, n’est-ce pas ? En pratique, la réalité est toute autre. Comment est-ce arrivé ? Grâce à la Cour Suprême du Canada qui, à coup de jugements répétés, a charcuté, morceau par morceau, la Loi 101. Elle a notamment invalidé les dispositions qui spécifiaient que « seul le texte français des lois et des règlements est officiel » et que la justice devait être rendue en français.

Résultat, en 2018, la version anglaise d’une loi a force de loi et est obligatoire et justice peut être rendue dans les deux langues. Le français et l’anglais sont sur un pied d’égalité ! Ce n’est pas normal que l’État ne donne pas l’exemple.

Est-ce que la Cour suprême du Canada a eu la même « rigidité » ailleurs au Canada ? Pas du tout. En 2015, cette même Cour a déclaré que l’Alberta et la Saskatchewan avaient tout à fait le droit de se déclarer unilingues anglophones ! Deux poids, deux mesures ? Absolument. Le Canada travaille contre le français et la Cour suprême du Canada penche toujours du même bord. Vivement la Cour suprême du Québec !

101 victoires pour le français : des gestes qui comptent !

On peut tous agir, concrètement, pour s’assurer que le français est respecté comme langue officielle dans la vie de tous les jours. Comment ? En appelant ou en écrivant pour porter plainte auprès d’organisations publiques ou privées, de commerces, d’associations, etc.

Pour des exemples de messages ou de victoires, vous pouvez rejoindre le groupe d’action sur Facebook : 101 victoires pour le français – Groupe d’action.

Cette initiative du député de La Pointe-de-l’Île et porte-parole du Bloc Québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, comprend aussi une tournée de promotion et de consultation sur le français langue commune dans le but de sensibiliser et de mobiliser la population à l’usage du français langue publique commune. Pour les dates à venir, consultez le site 101victoires.com. Cette poursuite est appuyée par une pétition que l’on peut signer ICI.

19/02/2018 – OUELLET, Martine

 

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