Francophonie : une année « exceptionnelle » en Ontario, selon l’AFO

Un grand pas en avant pour la francophonie ontarienne

MQF – 30/12/2017

Le feu vert donné au projet d’université française à Toronto, le bilinguisme d’Ottawa, le financement de la Place des arts à Sudbury : l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) n’a « jamais vu des avancements aussi importants » en une seule année.

Le président de l’AFO, Carol Jolin, dit que 2017 a été une année « exceptionnelle » pour les Franco-Ontariens.

C’est un rêve de quelque 40 ans qu’on ait une université francophone.

De son côté, la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, nie que toutes ces bonnes nouvelles pour les francophones soient liées aux élections provinciales, qui auront lieu en 2018.

Critiques

La députée néo-démocrate France Gélinas reconnaît que l’année 2017 s’est terminée « en beauté » pour les Franco-Ontariens.

Cela dit, elle rappelle qu’il y a loin de la coupe aux lèvres dans le dossier de l’université de l’Ontario français.

On n’a pas encore un sou, puis on n’a pas encore de locaux.

Mme Gélinas ajoute que la création en 2017 d’un ministère des Affaires francophones n’a pas mené, par exemple, à plus de services de santé mentale en français. « Pour la maman qui a besoin de services en français pour sa fille qui est dans une crise psychotique, ça ne change rien », dit-elle.

7 faits saillants en 2017 :

1. Projet d’université de l’Ontario français :

Une grande victoire pour l’AFO, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) : les députés ont adopté en novembre un projet de loi visant à ouvrir une université pluridisciplinaire purement francophone en Ontario, concrétisant un rêve qui remontait aux années 1960. Toutefois, le site du nouvel établissement à Toronto reste à choisir, et aucun financement n’a été annoncé par le gouvernement pour l’embauche de professeurs, notamment.

2. Bilinguisme de la Ville d’Ottawa :

Après moult débats locaux sur la question, le gouvernement libéral a repris un projet de loi privé de sa députée Nathalie Des Rosiers sur le bilinguisme d’Ottawa pour protéger les services en français offerts dans la capitale nationale. L’AFO a qualifié la mesure de « moment historique ».

3. Projet de Place des arts à Sudbury :

Une maquette de la nouvelle Place des arts dans le Grand Sudbury Photo : Radio-Canada/Benjamin Aubé
Un autre projet de longue date, cette fois-ci à Sudbury : se doter d’un centre culturel francophone. Le rêve se concrétise finalement grâce à un financement provincial, fédéral et municipal, en plus de dons du public. La première pelletée de terre du projet de 30 millions de dollars doit avoir lieu à l’été 2018. L’édifice sera construit au centre-ville.

4. Désignation bilingue de la région de Durham :

Oshawa, à l’est de Toronto, attire de plus en plus d’immigrants francophones. Toutefois, la province n’a toujours pas désigné la région comme secteur bilingue en vertu de la Loi sur les services en français, comme le réclame l’ACFO Durham-Peterborough depuis 2009. La question a, en revanche, fait couler beaucoup d’encre en 2017. À un point tel que la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, promet de présenter en 2018 un plan pour rendre le processus de désignation « plus efficace ». Elle est aussi « ouverte » à l’idée d’évaluer la possibilité de moderniser la Loi sur les services en français.

5. Création du ministère des Affaires francophones :

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a annoncé durant l’été le remplacement de l’Office des affaires francophones par un ministère à part entière. Un changement qui faisait suite, a souligné Mme Wynne, à l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie. Toutefois, jusqu’à maintenant, l’enveloppe budgétaire des affaires francophones n’a été majorée que de 1,5 million de dollars par rapport à ce qui était prévu dans le dernier budget provincial.

6. La gouvernance du Centre Jules-Léger par les Franco-Ontariens :

Après des années de demandes en ce sens, le gouvernement provincial a confié aux conseils scolaires francophones la gestion du Centre Jules-Léger d’Ottawa. L’établissement offre des services aux élèves francophones éprouvant des troubles d’apprentissage sévères ou qui sont malentendants, sourds, malvoyants ou aveugles.

7. Projet d’école secondaire française dans l’est de Toronto :

Des parents de Toronto réclament depuis plusieurs années une école secondaire française dans l’est de la ville. Certains avaient même déposé une requête en cour à ce sujet. Le Conseil scolaire Viamonde a présenté en octobre un projet à cet effet visant à acquérir et à rénover une ancienne école anglaise. Toutefois, des centaines de parents ont signé une pétition pour dénoncer le choix de l’ancienne école Greenwood, jugeant le bâtiment mal adapté.

01/04/2017 – ICI.RADIO-CANADA.CA

 

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