MONTRÉAL, 28 janvier 2016 ─ L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) publie ce matin Le Québec rate sa cible, une étude qui dresse le portrait global de la francisation de l’immigration depuis 1991, soit 25 ans après l’adoption de la politique d’immigration en cours. Parmi les faits saillants, on découvre que plus de 200 000 immigrants, soit 20% de l’ensemble de la population immigrée du Québec, ne parlaient toujours pas français en 2011. Parmi eux, plus de 111 000 sont arrivés depuis 1991 dont près de 43 000 entre 2006 et 2011. De ces 202 830 immigrants, 159 575 parlent uniquement anglais et 43 255 ne parlent ni français ni anglais.
Pour le directeur général du Mouvement Québec français (MQF), Eric Bouchard, si seulement la moitié de ces 200 000 immigrants parlaient français, cela représenterait 100 000 personnes de plus qui consommeraient de l’information en français. À une époque où tous cherchent des lecteurs et des auditeurs pour rentabiliser leurs entreprises, la francisation de l’immigration n’est pas qu’une histoire d’action défensive des groupes pro-français, c’est fondamentalement économique.
Sans la participation financière de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), du Mouvement national des Québécois (MNQ) et du Mouvement Québec français (MQF), cette étude sur le portrait de la francisation de l’immigration n’aurait pas vu le jour.
L’étude de l’IREC tombe à point puisque les audiences sur le projet de loi 77 Loi sur l’immigration du Québec débutent ce matin à l’Assemblée nationale du Québec. Le Mouvement Québec français (MQF) y présentera un mémoire à 10h30 qui reprend les faits saillants de l’étude de l’IREC. Le Mouvement Québec français (MQF) apporte une analyse critique du projet de loi qui ne met aucunement l’emphase sur des mesures qui pérenniseraient le français. Le projet de loi est plutôt construit à partir des demandes du patronat de sélectionner en temps réel l’immigration en fonction des besoins du marché du travail québécois.
Historiquement, les pouvoirs que les élus québécois sont allés chercher en matière d’immigration dans les années 1970 et 1980 avaient pour principal but de pérenniser le français sur notre territoire.
Aujourd’hui, l’objectif est d’aider les entreprises à aller sur le marché mondial pour participer à la course aux talents et aux cerveaux.
Le problème n’est pas que le gouvernement veuille aider les entreprises québécoises à aller chercher des talents qui feront que notre État deviendra davantage prospère. Le projet de loi inquiète Eric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français (MQF), car, comme nous n’avons pas encore eu accès au contenu final de la politique, il nous est difficile de juger le projet de loi puisque nous ne savons pas quelles sont les grandes orientations, les stratégies d’action et les directives qui viendront, ou pas, contribuer à la pérennité du français.
De plus, 34 des 125 articles du projet de loi confèrent à la Ministre ou au gouvernement le pouvoir de décider a posteriori par règlements les conditions d’application de la nouvelle loi.
Pour Maxime Laporte, Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), « c’est un manque évident de transparence sur un enjeu pourtant fondamental pour l’avenir du Québec. Le projet de loi donne un chèque en blanc au gouvernement qui pourra adopter un tas de mesures sans passer par l’Assemblée nationale et sans être obligé de publier ses futurs projets de règlements dans la Gazette officielle. »
Éric Bouchard conclue en affirmant que « si les gens d’affaires et le patronat ne veulent pas un jour qu’une masse critique d’individus exigent une baisse des seuils d’immigration, il faudra que le projet de loi 77 rende obligatoire, à l’intérieur de 12 mois après l’arrivée, l’obtention de la note de passage du niveau 7 de l’échelle québécoise de connaissance du français. Il faudra surtout qu’une directive claire de l’exécutif soit envoyée aux ministères et aux organismes gouvernementaux afin d’imposer l’arrêt complet du bilinguisme institutionnel pratiqué systématiquement avec les nouveaux arrivants. »
Le préambule de la Charte de la langue française est sans appel : L’Assemblée nationale est résolue de faire du français la langue de l’État.
Aux élus de se tenir droits, grands, fiers et debout !
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