La SSJB Mauricie emboîte le pas
Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, Yves Rocheleau, recevait hier la présidente du Mouvement national des Québécois et des Québécoises, Chantal Trottier, qui s’était arrêtée à Trois-Rivières alors qu’elle était en route vers Québec pour présenter un mémoire à la Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale portant sur le projet de loi 103 modifiant la Charte de la langue française.
Amenée à commenter la menace de bâillon qui plane sur l’adoption de la loi 103, Mme Trottier a simplement déclaré qu’elle a été invitée à défendre ses positions, ce qu’elle fera, mais que l’opposition avait aussi son rôle à jouer «en espérant que le gouvernement soit à l’écoute.»
Elle a aussi déploré que malgré la consultation en cours, le ministre de la Justice ait déjà fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de procéder à des changements substantiels puisque les deux projets de loi (94 et 103) lui paraissaient «équilibrés».
À l’instar du MNQQ, ses 18 sociétés nationales et sociétés Saint-Jean-Baptiste affiliées, la SSJB de la Mauricie dénonce le projet de loi 103 et ses lacunes.
Comme plusieurs ténors souverainistes avant lui, M. Rocheleau a rappelé «que la langue française était minoritaire en Amérique et au Canada et que bientôt elle le sera sur l’île de Montréal. Alors que la loi 101 visait à assurer la survie du français au Québec que la loi 104 colmatait une brèche, le projet de loi 103 lui, ne répondrait nullement à l’esprit de ces deux lois et laisserait grande ouverte la porte à l’utilisation des écoles passerelles en augmentant le coût et en y ajoutant des critères arbitraires.»
De même, il a dénoncé le fait que le projet de loi attribue au gouvernement plutôt qu’à l’Assemblée nationale la responsabilité de définir les critères déterminant les droits d’accès à l’école anglaise. Il craint que ces critères soient trop souples. Par contre, s’ils sont trop lourds, ils risquent de faire l’objet d’une contestation juridique, ce qui «corromprait» davantage le climat linguistique pendant encore de nombreuses années.
La SSJB prône plutôt d’étendre aux écoles privées non subventionnées les critères d’accès à l’école anglaise fixés par la loi 101 et de réaffirmer le principe fondamental qui réserve l’accès à l’école anglaise aux membres de la communauté anglophone historique. Tout cela en déployant une stratégie globale visant à mettre fin au déclin du français, principalement dans la grande région de Montréal.
Écoles Visions
Par ailleurs, le réseau des écoles Vision qui compte un établissement à Trois-Rivières, était de passage devant la commission, hier, et a réitéré son appui à la préservation du droit des enfants francophones du Québec de fréquenter des établissements qui offrent un enseignement plurilingue, et ce sans compromettre l’apprentissage de leur langue maternelle, tel que proposé dans le projet de loi 103.
Richard Dumais, président du réseau, a assuré que les écoles Vision n’étaient pas des écoles anglophones et qu’elles ne souhaitaient pas devenir des écoles «passerelles» ou «qualifiantes». Son réseau, a-t-il précisé, adhère à l’ajout de l’article 78.2 à la Charte de la langue française et qui vise à interdire l’exploitation d’un établissement d’enseignement privé principalement destiné à rendre des enfants admissibles à l’enseignement en anglais.
