Laval s’anglicise dangereusement

28 juin 2010

Laval s’anglicise dangereusement

Article de Marie-Ève Proulx paru dans le Journal de Québec le 28 juin 2010.

LAVAL – Contrairement à ce que certains affirment, le problème du français au Québec ne se limite pas seulement à Montréal.

La situation lavalloise est, semble-t-il, bien pire: «Laval est la ville qui s’anglicise le plus dans la belle province», de dire Louis Préfontaine du Mouvement Montréal français.

Selon les statistiques du dernier recensement (2006), plusieurs quartiers lavallois ont en effet vu leur population de langue anglaise littéralement exploser. À l’échelle de la Ville de Laval, on parle d’une hausse de 36,4 % d’anglophones entre 2001 et 2006, alors que la population francophone a baissé de 3,4%.

«À cette vitesse, combien d’années faudrait-il avant que les anglophones deviennent majoritaires à Laval?», se questionne-t-il.

Affirmant que l’indice de vitalité linguistique (IVL) de l’anglais sur le territoire lavallois est dix fois supérieur à celui du français – le double de Montréal, M. Préfontaine croit qu’il y a un sérieux manque de conviction de la part du gouvernement et de la municipalité.

«Il faut absolument lutter contre le bilinguisme institutionnel et que des actions concrètes et plus musclées soient posées avant qu’il ne soit trop tard», dit-il.

Selon M. Préfontaine, il est très facile de se faire servir en anglais à Laval.

«Il suffit de se promener au Carrefour Laval ou dans n’importe quel quartier central de la ville pour être témoin du recul du français. Je ne compte plus les anecdotes personnelles ou celles d’amis ayant eu de la difficulté à se faire servir en français à Laval et je ne parle même pas du nombre croissant d’entreprises exigeant le bilinguisme à l’embauche», déplore-t-il.

Valorisation

Tout ça parce qu’on valorise énormément l’anglais dans notre société, aux dires de M. Préfontaine. «Il y a une constante pression sur les francophones pour qu’ils parlent en anglais, ce qui fait qu’ils ont tendance à répondre en anglais lorsqu’un anglophone les questionne», précise-t-il.

Mentionnant que le français demeure à 68 % la langue maternelle des Lavallois contre 7 % pour l’anglais, celui qui est en train de mettre sur pied le Mouvement Laval français croit que l’anglicisation de Laval soit principalement due à une assimilation pure et dure.

«Je ne connais pas un seul peuple qui se soit assimilé à la langue minoritaire et qui a survécu», dit-il, ajoutant que le maire Vaillancourt doit agir avant que le français ne s’éteigne à Laval.

«Tous les services non essentiels devraient être débilinguisés. En transmettant des informations aux immigrants en anglais, nous leur disons qu’ils peuvent se dispenser de faire des efforts pour apprendre le français», poursuit-il, soulignant tout de même la bonne attitude du maire qui répond régulièrement en français aux citoyens anglophones lors des conseils de ville.

Le Mouvement Laval français, qui verra le jour à l’automne, détient une page Facebook, qui compte actuellement 365 membres.

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