Le cégep français : un pas vers la normalité

09 mai 2011

Jacques Archambault, président, Mouvement Lanaudière français, 9 mai 2011.

Que l’état du Québec finance aussi un système d’éducation public parallèle pour la communauté anglaise historique installée sur son territoire, cela démontre peut-être notre très grande générosité, mais aussi, et surtout, notre soumission aux volontés du voisin d’outre-Outaouais, volontés qu’il nous impose via la Cour suprême du gouvernement du Canada.

Mais le Québec va encore plus loin. Il surfinance le système d’éducation public en langue étrangère par rapport à son système d’éducation public national, et laisse ce système d’éducation public en langue étrangère compétitionner contre son système d’éducation public national, s’accaparer de la moitié des nouveaux arrivants au Québec, et contribuer à l’anglicisation du Québec.

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Le 17 avril dernier, le Congrès national du Parti Québécois a adopté une résolution visant à étendre au cégeps l’application des dispositions de la Charte de la langue française. Bien que certains crient à l’intolérance, il ne s’agira là pour le Québec que d’un petit pas vers le retour à la normalité.

Depuis plus de 250 ans, la nation québécoise a subi la domination d’abord de l’Angleterre, puis de son voisin d’outre-Outaouais. Et cette domination nous a marqués au point où nous en sommes venus à oublier comment se comporte une nation normale.

Un état normal ne finance un système d’éducation public que dans sa langue officielle. En France, l’État dispense l’éducation en français, en Angleterre, en anglais, en Allemagne, en allemand, et ainsi de suite. Même en Belgique, pays à deux langues officielles, chaque région, wallonne ou flamande, ne dispense l’éducation que dans sa langue.

Il serait donc normal que le Québec ne dispense l’éducation, de la maternelle à l’université, qu’en français.

Que l’état du Québec finance aussi un système d’éducation public parallèle pour la communauté anglaise historique installée sur son territoire, cela démontre peut-être notre très grande générosité, mais aussi, et surtout, notre soumission aux volontés du voisin d’outre-Outaouais, volontés qu’il nous impose via la Cour suprême du gouvernement du Canada.

Mais le Québec va encore plus loin. Il surfinance le système d’éducation public en langue étrangère par rapport à son système d’éducation public national, et laisse ce système d’éducation public en langue étrangère compétitionner contre son système d’éducation public national, s’accaparer de la moitié des nouveaux arrivants au Québec, et contribuer à l’anglicisation du Québec. Et cela, aucune nation normale ne le tolèrerait.
À titre d’exemple, notons qu’au début du 20e siècle, alors qu’il craignait que la vague d’immigrants venant du Québec n’entraîne sa francisation, l’Ontario a carrément interdit, non pas simplement refusé de financer, mais bien interdit l’enseignement du français après la première année du primaire, en plus d’autres mesures discriminatoires, et n’a renoncé à ces mesures qu’après avoir contré la menace de francisation.

Bien sûr, certains Québécois sont rendus si loin dans le processus d’acculturation qu’ils jugent la culture de notre voisin supérieure à la nôtre, et la langue du voisin plus désirable que la nôtre, et qu’ils sont prêts à renoncer à l’identité québécoise et à accepter que les Québécois des prochaines générations soient traités comme des immigrants dans leur propre pays.

Quant à nous, nous croyons que, malgré la longue oppression que nous avons subie, nous pourrons nous dégager de la rationalité que nous a imposée l’oppresseur. Nous croyons que, petit pas après petit pas, nous en arriverons à nous comporter en nation normale. Nous aspirons à un futur radieux où, enfin maîtres de notre destin, nous pourrons vraiment être fiers d’être Québécois.

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