Les électeurs seront accueillis par un «bonjour-hello»

06 octobre 2019
THOMAS DUFOUR
LA PRESSE

 

Après le « bonjour-hi », c’est au tour du « bonjour-hello » de faire réagir. C’est par cette formule que seront accueillis les électeurs québécois venus voter le 21 octobre, selon des directives d’Élections Canada.

Cette politique a fait réagir le Mouvement Québec français (MQF), hier. Le groupe a qualifié le « bonjour-hello » d’« inacceptable » et a demandé que la situation soit corrigée.

« Élections Canada manque cruellement de respect au peuple québécois, qui souhaite voir le statut de sa langue officielle, le français, avancer dans l’espace public plutôt que régresser, a souligné Maxime Laporte, président du MQF. Au Québec, on a décidé de faire du français la véritable langue commune et on se fait imposer de toutes sortes de manières ce bilinguisme à la canadienne. »

Élections Canada n’est pas la seule organisation gouvernementale à appliquer cette politique. « C’est la directive du Gouvernement du Canada pour tous les services, précise Pierre Pilon, d’Élections Canada. Ailleurs au pays, les électeurs auront droit à un “hello-bonjour”. »

Quant à la possibilité de modifier cette directive comme le demande le MQF, M. Pilon reste prudent. « C’est le législateur qui doit décider d’un changement », dit-il.

Des organisations favorables

 

Le groupe Quebec Community Groups Network, qui défend les intérêts des communautés anglophones au Québec, a manifesté son appui au « bonjour-hello ».

Cette politique est exactement ce que nous souhaitons : un accueil dans les deux langues partout au Canada.

Geoffrey Chambers, président du Quebec Community Groups Network

Geoffrey Chambers croit que cette directive est bénéfique pour les anglophones au Québec, mais aussi pour les francophones ailleurs au Canada. « Nous avons fait récemment un partenariat avec nos voisins de l’Ontario et de l’Acadie pour promouvoir l’utilisation des deux langues et promouvoir les intérêts des communautés linguistiques minoritaires », a-t-il dit.

L’avocat Harold Staviss trouve que cette politique linguistique fait beaucoup de bruit pour rien. « C’est ridicule, c’est vraiment une perte de temps de se plaindre. C’est simplement une question de courtoisie », a expliqué le Montréalais, qui est derrière une pétition pour une signalisation routière dans les deux langues.

C’est le deuxième débat sur le service bilingue à avoir lieu en deux jours au Québec. Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a affirmé vendredi vouloir se débarrasser de la formule « bonjour-hi » dans les commerces et les services publics de la province.

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