Les jeunes tiennent au français, selon la dernière présidente de la CSDM

05 décembre 2020

Guillaume Cyr,  Agence QMI, 

La protection de la langue française est importante pour les jeunes, même si ces derniers tiennent parfois le fait français pour acquis, assure celle qui a été la dernière présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Catherine Harel-Bourdon vient de recevoir le prix Harfang 2020 du Mouvement Québec français section Montréal, remis chaque année à une personnalité qui contribue de façon importante à faire avancer et rayonner la langue française à Montréal.

Cette distinction survient dans une période où le français est à l’avant-plan de l’actualité, alors que plusieurs émettent des craintes devant son recul, particulièrement au centre-ville de Montréal.

Des commentateurs ont reproché aux jeunes de ne pas s’intéresser à la protection de la langue, mais avec ses 17 ans d’engagement à la Commission scolaire de Montréal, dont 7 ans à titre de présidente, Mme Harel-Bourdon a pu observer l’importance qu’accordaient ceux-ci à la langue de Molière.

«L’enjeu du vivre ensemble est très important pour les jeunes. Les jeunes [tiennent à] beaucoup de causes planétaires, et souvent ça passe quand même par une défense en français et, ceux que j’ai rencontrés s’exprimaient très bien en français», a-t-elle dit.

Elle reconnait néanmoins que la présence très importante de la culture américaine, notamment dans le domaine musical, peut avoir un certain impact chez les jeunes.

«Peut-être qu’ils prennent un peu trop la langue française pour acquise parfois, il faut être très prudent», a-t-elle lancé, en précisant qu’il est important de développer une culture vivante et vibrante en français.

Mme Harel-Bourdon croit par ailleurs que l’éducation est au cœur de la préservation du français au Québec.

Elle se remémore d’ailleurs de très beaux souvenirs en pensant à de jeunes immigrants qui sont entrés en classe de francisation en secondaire 1, et qui sont ressortis avec des prix d’excellence à la fin de leur parcours au secondaire.

«Lorsque la passion est animée, ça fait toute la différence chez les jeunes», s’est exclamée Mme Harel-Bourdon.

Rappelons que la Commission scolaire de Montréal a été abolie en juin dernier avec le reste du réseau des commissions scolaires francophones, qui a été remplacé par les centres de services scolaires.

Catherine Harel-Bourdon a reçu le prix Harfang 2020 pour souligner son engagement au quotidien à l’avancement et au maintien de la langue française au sein des établissements scolaires de Montréal. Elle a notamment institué un règlement interne dans les agendas scolaires pour inviter les élèves à parler le français en classe et dans les espaces communs.

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