Lettres – Une immigrante qui veut s’intégrer en français

20 novembre 2016

Roxana Rivera Valle, Montréal, Le Devoir, 16 avril 2010. Je me sens très triste et déçue. L'annonce, jeudi dernier, des coupes dans les cours de français a été très choquante pour moi et je ne pouvais pas pleurer devant de mes collègues, mais ils ont commencé à pleurer parce que tout le monde a eu un plan pour ces mois. Cette nouvelle de dernière minute a brisé nos coeurs, en plus de tout ce que j'ai fait pour étudier le français afin d'améliorer ma vie! À mon avis, le ministère a un double discours: il nous dit qu'on doit parler français, mais en même temps, il nous coupe le cours de francisation. Je ne comprends pas pourquoi! Quand je suis arrivée chez moi, je me sentais déprimée. Tout à coup j'ai senti quelques larmes sur mon visage et j'ai pleuré d'impuissance et de colère. Je m'appelle Roxana et je suis immigrante péruvienne et enseignante au niveau secondaire. Je suis arrivée à Montréal le 12 septembre 2009 après avoir réussi tous les tests que le gouvernement du Québec et l'ambassade du Canada m'ont demandés pendant trois longues années. Je suis arrivée pleine d'espoir de progresser dans cette belle nation ainsi que de contribuer avec mon expérience d'enseignante dans une école secondaire d'ici. Je savais depuis de mon arrivée qu'il fallait que je suive le cours de français de niveau avancé que le ministère de l'Immigration offre à tous les nouveaux arrivants afin de nous intégrer à la société québécoise et au marché du travail mais, aujourd'hui, je me demande: si j'ai moi-même respecté tout ce que m'ont demandé les autorités avant de venir ici, pourquoi à la dernière minute, on m'informe que les cours sont coupés? Cette nouvelle a brisé mes rêves et les plans que j'avais déjà faits pour les mois suivants, et ceux, je crois, de plusieurs de mes collèges. À mon avis, ce n'est pas juste. Cette décision est difficile pour moi comme professionnelle immigrante qui veut s'intégrer à la société québécoise quand le français est l'outil de travail et surtout quand il est d'une exigence pour obtenir le permis d'enseignement. J'espère que la ministre de l'Immigration va réfléchir et changer d'opinion et reconsidérer sa décision. Source.

 

Lettres – Une immigrante qui veut s'intégrer en français

16 avril 2010 |Roxana Rivera Valle – Montréal, le 13 avril 2010 | Actualités en société
Je me sens très triste et déçue. L'annonce, jeudi dernier, des coupes dans les cours de français a été très choquante pour moi et je ne pouvais pas pleurer devant de mes collègues, mais ils ont commencé à pleurer parce que tout le monde a eu un plan pour ces mois. Cette nouvelle de dernière minute a brisé nos coeurs, en plus de tout ce que j'ai fait pour étudier le français afin d'améliorer ma vie! 

À mon avis, le ministère a un double discours: il nous dit qu'on doit parler français, mais en même temps, il nous coupe le cours de francisation. Je ne comprends pas pourquoi! Quand je suis arrivée chez moi, je me sentais déprimée. Tout à coup j'ai senti quelques larmes sur mon visage et j'ai pleuré d'impuissance et de colère.

Je m'appelle Roxana et je suis immigrante péruvienne et enseignante au niveau secondaire. Je suis arrivée à Montréal le 12 septembre 2009 après avoir réussi tous les tests que le gouvernement du Québec et l'ambassade du Canada m'ont demandés pendant trois longues années. Je suis arrivée pleine d'espoir de progresser dans cette belle nation ainsi que de contribuer avec mon expérience d'enseignante dans une école secondaire d'ici.

Je savais depuis de mon arrivée qu'il fallait que je suive le cours de français de niveau avancé que le ministère de l'Immigration offre à tous les nouveaux arrivants afin de nous intégrer à la société québécoise et au marché du travail mais, aujourd'hui, je me demande: si j'ai moi-même respecté tout ce que m'ont demandé les autorités avant de venir ici, pourquoi à la dernière minute, on m'informe que les cours sont coupés? Cette nouvelle a brisé mes rêves et les plans que j'avais déjà faits pour les mois suivants, et ceux, je crois, de plusieurs de mes collèges. À mon avis, ce n'est pas juste. Cette décision est difficile pour moi comme professionnelle immigrante qui veut s'intégrer à la société québécoise quand le français est l'outil de travail et surtout quand il est d'une exigence pour obtenir le permis d'enseignement.

J'espère que la ministre de l'Immigration va réfléchir et changer d'opinion et reconsidérer sa décision.

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Roxana Rivera Valle – Montréal, le 13 avril 2010

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