Martin Lavallée, Montréal, section Opinion, Le Devoir, 26 mai 2009 « Il faut que les Québécois francophones sortent de leur torpeur et manifestent leur volonté de perpétuer le visage français de Montréal. (…) Les Québécois francophones se trouvent actuellement dans une sécurité trompeuse, qui fait en sorte qu'ils restent impassibles devant l'anglicisation croissante de la région métropolitaine.(…) Cette expansion des anglophones est due à l'attrait qu'exerce cette riche minorité québécoise sur les immigrants et sur plusieurs Canadiens anglais, qui viennent étudier ou travailler dans les nombreuses institutions de cette communauté. Il est d'ailleurs à noter que ces institutions sont subventionnées par l'ensemble des Québécois selon un pourcentage beaucoup plus élevé que le taux de population de la minorité anglophone du Québec, ce qui fait que, sans le savoir, les Québécois francophones participent à l'expansion de l'anglais au Québec. De plus, cette expansion est due à l'amputation progressive qui a été faite à la Loi 101 par la Cour suprême du Canada depuis 1977. Parmi ces amputations, il y a celle qui permet aux Canadiens anglais de s'installer au Québec et d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise et ainsi grossir les rangs de cette minorité anglophone (clause Canada de 1984).(…) Il faut que les Québécois francophones sortent de leur torpeur et manifestent leur volonté de perpétuer le visage français de Montréal (si volonté il y a). Il faut qu'ils manifestent cette volonté politiquement, en mettant de la pression sur leurs élus afin que ceux-ci agissent et légifèrent pour renforcer la langue française. Il faut que les cégeps francophones soient ajoutés à l'obligation des nouveaux arrivants de fréquenter l'école francophone, il faut également que les petites entreprises de moins de 50 employés soient francisées afin que tous travaillent et vivent en français dans la région de Montréal. Il est faux d'affirmer, comme le veut la dernière tendance, que l'avenir du français au Québec dépend uniquement du bon vouloir de la population,(…) Lire l'article.
Le français à Montréal
Or, il n'en est rien et il n'y a qu'à se promener dans les rues de Montréal et de certaines banlieues pour constater que la communauté anglophone de Montréal est en pleine expansion, alors que les francophones sont en perte de terrain, et ce, même dans des quartiers historiquement très francophones tels que le Plateau et Hochelaga-Maisonneuve.
Cette expansion des anglophones est due à l'attrait qu'exerce cette riche minorité québécoise sur les immigrants et sur plusieurs Canadiens anglais, qui viennent étudier ou travailler dans les nombreuses institutions de cette communauté. Il est d'ailleurs à noter que ces institutions sont subventionnées par l'ensemble des Québécois selon un pourcentage beaucoup plus élevé que le taux de population de la minorité anglophone du Québec, ce qui fait que, sans le savoir, les Québécois francophones participent à l'expansion de l'anglais au Québec.
De plus, cette expansion est due à l'amputation progressive qui a été faite à la loi 101 par la Cour suprême du Canada depuis 1977. Parmi ces amputations, il y a celle qui permet aux Canadiens anglais de s'installer au Québec et d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise et ainsi grossir les rangs de cette minorité anglophone (clause Canada de 1984).
Le fait est que l'on ne peut permettre à la communauté anglophone de prendre de l'expansion à cause du statut majoritaire de l'anglais en Amérique du Nord et de la très faible minorité du français sur ce même continent. Il est donc impératif de renforcer la loi 101, car, sans cela, ce sera la disparition progressive du français à Montréal.
Pour ce faire, il faut que les Québécois francophones sortent de leur torpeur et manifestent leur volonté de perpétuer le visage français de Montréal (si volonté il y a). Il faut qu'ils manifestent cette volonté politiquement, en mettant de la pression sur leurs élus afin que ceux-ci agissent et légifèrent pour renforcer la langue française. Il faut que les cégeps francophones soient ajoutés à l'obligation des nouveaux arrivants de fréquenter l'école francophone, il faut également que les petites entreprises de moins de 50 employés soient francisées afin que tous travaillent et vivent en français dans la région de Montréal.
Il est faux d'affirmer, comme le veut la dernière tendance, que l'avenir du français au Québec dépend uniquement du bon vouloir de la population, car affirmer cela, c'est nier la réalité que le renouvellement de la population passe en grande partie par l'immigration et que sans une loi stricte et claire, ces immigrants se joindront à la majorité anglophone nord-américaine. Les francophones auront beau insister et parler leur langue, sans une loi obligeant les immigrants à se joindre à eux, la loi du nombre jouera progressivement contre le français.
Dans notre contexte de mondialisation du début du XXIe siècle, nombre de pays tels que la Belgique, la Suisse et même plusieurs États des États-Unis disposent de lois linguistiques visant à protéger leurs langues respectives. Il n'y a donc rien d'anormal ou de rétrograde à ce que le Québec en fasse autant pour protéger sa propre langue nationale en renforçant la loi 101.
Il est également vrai toutefois que les francophones doivent démontrer plus de fierté et de respect envers la langue française, en la parlant mieux et en cessant de tourner à l'anglais dès que l'occasion se présente. La bilinguisation des Québécois francophones doit leur servir lorsqu'ils vont à l'étranger, et non lorsqu'ils sont chez eux. Si les Québécois francophones ne démontrent pas davantage de volonté de protéger ce qu'ils sont, c'est une identité collective et francophone qui disparaîtra progressivement en Amérique du Nord.
-Martin Lavallée
