Radio-Canada – samedi 15 août 2009 (…) « Les délégués néodémocrates ont par ailleurs adopté à l'unanimité une résolution sur l'usage du français dans les entreprises de juridiction fédérale au Québec. La résolution demande des amendements à la loi fédérale du travail afin qu'on reconnaisse à ces employés le droit de travailler en français. Le printemps dernier, le NPD avait soutenu un projet de loi privé présenté par le Bloc québécois et allant dans le même sens. Les libéraux et les conservateurs s'y étaient toutefois opposés. » (…) Source.
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Daniel Thibeault est sur place.
Avec un gouvernement minoritaire à Ottawa menacé d'être défait n'importe quand, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a décidé de se préparer à l'éventualité d'une élection. Quelque 1300 délégués sont réunis en congrès en fin de semaine à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Réuni en congrès à Halifax, le NPD tente de séduire les libéraux désabusés en faisant miroiter une nouvelle ligne politique. Les délégués ont adopté à l'unanimité une résolution pour que le français soit la langue de travail dans les entreprises de juridiction fédérale au Québec.
Le parti veut se donner une nouvelle image auprès de l'électorat canadien afin d'aller chercher davantage de votes. Il aimerait séduire des libéraux désabusés, et la frange plus socialiste des libéraux, en dépeignant Michael Ignatieff comme un homme plutôt enclin à adopter des politiques similaires à celles de Stephen Harper.
Le NPD souhaite prendre un virage vers le centre, tout en conservant ses valeurs traditionnelles. Le député d'Outremont et critique du parti en matière de finances, le député Thomas Mulcair, propose par exemple de réduire le fardeau fiscal des petites entreprises.
Alléger le fardeau fiscal des PME

« On a toujours été tourné vers des propositions qui allaient faire croître l'économie dans l'intérêt de l'ensemble des Canadiens. Lorsqu'on dit, par exemple, qu'il faut alléger le fardeau fiscal des petites et moyennes entreprises, de la bureaucratie et de la paperasse, on est en train d'avoir un discours qui n'est peut-être pas monnaie courante au sein du NPD. Mais on sait aussi que ce sont les petites et moyennes entreprises qui créent des emplois », a-t-il dit.
Pierre Ducasse, délégué du parti, endosse cette position: « Moi, j'ai toujours pensé que le NPD devait être un parti de centre-gauche, clairement social démocrate et pragmatique. Et il n'y a pas de contradiction entre avoir des principes et être pragmatique ».
Même si cette résolution n'a pas été retenue pour être débattue lors de ce congrès, l'entourage du chef, Jack Layton, a indiqué qu'elle pourrait fort bien se retrouver dans un éventuel programme électoral. Le NPD veut démontrer aux électeurs qu'on peut faire la promotion de valeurs sociales tout en gérant les finances publiques de façon responsable.
Renforcer l'utilisation du français au travail
Les délégués néodémocrates ont par ailleurs adopté à l'unanimité une résolution sur l'usage du français dans les entreprises de juridiction fédérale au Québec.
La résolution demande des amendements à la loi fédérale du travail afin qu'on reconnaisse à ces employés le droit de travailler en français.
Le printemps dernier, le NPD avait soutenu un projet de loi privé présenté par le Bloc québécois et allant dans le même sens. Les libéraux et les conservateurs s'y étaient toutefois opposés.
Des exemples à suivre
D'ici dimanche, l'inspiration des délégués sera aussi nourrie par le témoignage des organisateurs de la campagne du NPD provincial en Nouvelle-Écosse. Le parti a remporté une victoire éclatante aux élections de juin. C'était une première dans cette province et une première à l'est de l'Ontario.
« On est très contents d'apprendre comment Darrell Dexter et son équipe l'ont fait, et nos délégués veulent mieux savoir ce qu'ils doivent faire chez eux pour avoir un tel succès au niveau fédéral », a indiqué le chef du NPD fédéral, Jack Layton.
Brad Lavigne, directeur du parti, en parlant de la prochaine campagne fédérale, a expliqué que le parti a déjà un pied dans la porte et qu'il s'apprête à ouvrir cette porte toute grande.
Les néodémocrates ont remporté 37 sièges aux élections fédérales d'octobre 2008, soit 7 de plus que lors des élections précédentes.
Des travaillistes britanniques et des démocrates américains participent aussi au congrès. Des membres de l'équipe électorale de Barack Obama doivent s'adresser aux délégués. Il s'agit pour le parti de démontrer qu'on peut avoir des politiques différentes et viser aussi le pouvoir.
Un changement de nom?
Il n'y a pas que le contenu du programme qui pourrait changer. Les délégués discutent aussi d'une motion qui vise à laisser tomber le mot « Nouveau » dans l'appellation Nouveau Parti démocratique.
Le député d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin, appuie cette idée. Il explique que le nom traditionnel du parti peut donner l'impression aux gens que cette formation est récente et qu'elle manque d'expérience. Il est donc d'accord pour renoncer au terme « Nouveau ».
« Je pense que ça peut changer l'optique de tous. Toute chose peut être bonne des fois dans les changements. Il ne faut pas avoir peur des changements », a souligné le député Godin.
Les délégués vont voter sur la motion du changement de nom dimanche. Si cette motion est adoptée, le parti portera désormais le nom de « Parti démocratique ».
Or, cette nouvelle dénomination pourrait s'avérer embarrassante, surtout au Québec. L'acronyme PD sonnerait exactement comme le terme péjoratif « pédé », lui-même diminutif du mot « pédéraste ». « Je pense que c'est un inconvénient », a déclaré la Montréalaise Ethan Cox. « Si je vais solliciter des votes, ça ne doit pas avoir de connotation négative en français », a-t-elle ajouté.
