OBJECTIF 4

15 janvier 2020

Au regard des faits, la situation actuelle du français est claire : le pouvoir d’attraction de l’anglais reste largement supérieur à celui du français. Le français n’est pas la langue commune. Il est primordial de renverser la tendance.
Depuis l’adoption de la loi 101, on a observé des progrès considérables dans plusieurs secteurs, notamment en ce qui a trait aux rattrapages des iniquités économiques et à la francisation des régions francophones. Ces progrès ne doivent pas être méprisés, mais ils sont loin d’assurer l’avenir du français au Québec. Alors que le Québec fait face à un défi démographique sans précédent, le pouvoir d’attraction de l’anglais supplante encore largement celui du français. Selon les données du dernier recensement de Statistique Canada, les transferts linguistiques des allophones se font à 45 % vers l’anglais alors qu’ils devraient se faire à 90 % vers le français, soit le pourcentage que représentent les francophones lorsqu’on fait l’addition des populations francophones et anglophones. En comparaison, dans le reste du Canada, les transferts linguistiques se font à 99 % vers l’anglais. De plus, une bonne partie de l’augmentation apparente des transferts vers le français au Québec est reliée en partie à des modifications du questionnaire du recensement, ainsi qu’à la migration des anglophones et des immigrants anglicisés vers l’extérieur du Québec. Sur l’île de Montréal, la proportion des francophones selon la langue parlée à la maison est de 56,4 %, ce qui est inférieur de plus de 5 % à celle de 1986 (61,8 %). La proportion de francophones à Montréal n’était jamais descendue sous la barre des 60 % depuis le recensement de 1871. Les résultats des études sur la langue d’usage public et sur la langue de travail montrent dans les faits une stagnation ou un recul depuis une vingtaine d’années. Le français est encore loin d’être la langue publique commune au Québec. L’usage public du français à Montréal se retrouve principalement chez les francophones et les nouveaux immigrants déjà francisés avant leur arrivée. L’anglais est toujours très largement utilisé dans les communications « interlinguistiques ». Les immigrants francotropes utilisent le français dans des proportions très élevées. 76,9 % d’entre eux utilisent le plus souvent le français en public. Les résultats, pour les immigrants non-francotropes, sont beaucoup moins encourageants. Ils sont une minorité à utiliser le plus souvent le français dans leurs interactions publiques (40,1 %) contre 43,5 % qui utilisent le plus souvent l’anglais et 16,4 % qui utilisent à la fois le français et l’anglais.

Tiré des objectifs du MQF

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