On préfère l’anglais à HEC Montréal

12 mars 2021

Anne Caroline Desplanques, Journal de Montréal, 12 mars 2021.

HEC Montréal et l’Université de Montréal ont invité le sous-gouverneur de la Banque du Canada à livrer une présentation entièrement en anglais, mais ont finalement retourné leur veste lorsque questionnées par Le Journal.

Le numéro deux de la plus importante institution financière du pays, Paul Beaudry, est un économiste de renommée mondiale, un Montréalais, un francophone, et un diplômé de l’Université Laval, entre autres.

Pourtant, les deux établissements scolaires francophones l’ont invité à livrer une présentation privée en anglais, d’après l’invitation obtenue par Le Journal.

L’événement virtuel doit avoir lieu vendredi prochain.

« Seuls les étudiants et les professeurs de l’Université de Montréal et de HEC Montréal seront autorisés à y assister », lit-on.

« La présentation sera en anglais », poursuit le texte.

Questionné à savoir pourquoi un tel événement ne se déroulerait pas dans la langue de Molière, l’école de gestion universitaire a promptement changé son fusil d’épaule.

« La présentation se fera en français. Les participants en seront informés sous peu », a dit la porte-parole de HEC Montréal, Émilie Novales.

Émancipation économique

Sidéré, le président du Mouvement Québec français, Maxime Laporte, rappelle que « la raison d’être de l’école des Hautes études commerciales était dès sa fondation – et ce devrait toujours l’être d’ailleurs – de concourir en français à l’émancipation économique des francophones et de la nation québécoise, dans un milieu des affaires déjà largement dominé par l’anglosphère ».

« François-Albert Angers et Jacques Parizeau doivent se retourner dans leur tombe à l’heure où l’on se parle », gronde-t-il en reprochant à la Banque du Canada de manquer de « francoresponsabilité ».

L’institution n’a pas répondu aux questions du Journal.


♦ La Loi sur les langues officielles prévoit que les organisations fédérales doivent communiquer dans les deux langues. Toutefois, lorsqu’un agent fédéral est invité par une organisation externe, c’est elle qui choisit la langue de communication.

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