Opération «press nine» pour franciser les messages

10 novembre 2007

PRESSE CANADIENNE | 10/11/2007 

Le gouvernement du Québec ne respecte pas sa propre politique linguistique, selon deux groupes de défense du fait français, qui se sont affairés à le démontrer hier par une opération téléphonique systématique.

Au moment où les médias se sont présentés à leurs locaux, ils étaient dix à téléphoner à neuf ministères québécois ou à divers services de la Ville de Montréal dans le cadre de l’opération «Press Nine». Une cinquantaine d’autres militants faisaient les mêmes appels depuis leur domicile.

«Bonjour Madame Monsieur, ceci est un message du Mouvement Montréal français. J’appelle pour vous informer que votre message d’accueil téléphonique n’est pas conforme à la politique linguistique gouvernementale. Cette politique précise que l’administration favorise l’unilinguisme français dans ses activités afin de refléter le fait que le français est à la fois la langue officielle et la langue normale et habituelle de la vie publique», disaient ces militants au téléphone.

Le Mouvement Montréal français et Impératif français veulent ainsi démontrer que la Ville de Montréal et plusieurs ministères contreviennent à la Charte de la langue française en ayant un message téléphonique trop bilingue à leur goût.

Au gouvernement du Québec, les cibles sont les ministères suivants: Transports; Travail, Éducation, Loisir et Sport; Emploi et Solidarité sociale; Immigration et Communautés culturelles; Revenu; Services gouvernementaux; Développement durable, Environnement et Parcs, ainsi que l’Office de la protection du consommateur.

Ainsi, plutôt que d’indiquer à la fin du message téléphonique en français que si l’appelant désire être servi en anglais, il doit appuyer sur la touche 9, cette invitation est formulée dès le début du message.

Si les militants des groupes de défense du français ne parvenaient pas à parler à un préposé, ils laissaient simplement le message sur le répondeur du ministère concerné. «On espère que ça va les remplir complètement [les répondeurs] et engorger le système», a reconnu d’emblée Mario Beaulieu, président du Mouvement Montréal français, au cours d’une rencontre avec la presse.

Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, affirme que son organisme dénonce cette situation depuis deux ou trois ans mais que, malgré ses plaintes répétées, «la situation ne se corrige pas».

«Nous dénonçons le gouvernement du Québec qui est complice de la défrancisation, qui est complice de la bilinguisation institutionnelle du Québec par son anglicisation», a tonné M. Perreault, qui parle de «colonisation des cerveaux» quasi «subliminale».

Pour M. Beaulieu, il s’agit là d’un bien mauvais message à passer aux nouveaux arrivants. «Il y a une propension naturelle des nouveaux arrivants d’aller vers la langue de la majorité, donc d’aller vers l’anglais. Si tous les services publics sont donnés systématiquement en anglais, c’est sûr qu’il n’y a aucun incitatif pour les nouveaux arrivants d’apprendre le français et de fonctionner en français.»

 

Partager cet article :