Article de Sabrina PLANTE publié dans Vigile le 5 décembre 2011
Le français au Canada a donc subi, particulièrement au cours de ces derniers temps, une raclée considérable.
« Il a des subalternes qui parlent le français », déclarait le porte-parole de la Caisse de dépôt du Québec à propos d’un haut cadre, unilingue anglophone, pour amoindrir le tumulte provoqué par un tel constat. Une phrase que l’on aurait cru tout droit sortie de l’époque pré-révolution tranquille. L’époque où un francophone, même bilingue, avait des conditions de vie bien en deçà des anglophones. L’époque où arpenter les rues de la métropole montréalaise assenait de la visible domination économique anglo-saxonne, par le visage du paysage linguistique qu’elle exhibait, et par l’usage de la langue que l’on devait utiliser dans bien des transigeances quotidiennes. Une époque que l’on aurait presque cru assimilable à ce que dépeint tristement un magnifique poème de Michèle Lalonde du nom de « Speak white ».

Le 5 novembre dernier, le Mouvement Québec français exprimait sa lassitude d’un affichage entrant honteusement infraction à la Loi 101 lors d’une grande manifestation, alors que par exemple, dans la seule circonscription de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, on constatait 76 infractions d’entreprises à ce sujet.
La semaine suivante, on apprenait dans les médias que l’OQLF procédait au lancement d’une campagne de sensibilisation, dans laquelle elle propose notamment de rétribuer financièrement l’équivalent jusqu’à 75% des coûts des entreprises contrevenantes ne s’étant pas conformées à la loi, afin de procéder à un affichage réglementaire. Une telle campagne a jeté l’indignation de plusieurs mouvements linguistiques qui ne voient rien de satisfaisant dans cette campagne, bien au contraire.
