Québec appelé à respecter sa propre loi sur le français

Il sera difficile d’inciter les citoyens et les entreprises à utiliser le français comme langue commune à l’intérieur du Québec si le gouvernement et ses organismes ne le font pas eux-mêmes. Par exemple, si les services publics rendus aux nouveaux citoyens sont systématiquement offerts dans les deux langues, ceux-ci concluront que la connaissance du français n’est pas une nécessité.

MQF – 13/02/2018

Une coalition de partis politiques, de syndicats et de groupes de défense de la langue française exige l’application par le gouvernement Couillard de l’article 1 de la loi 104 qui stipule que Québec doit communiquer seulement en français avec les corporations et les personnes morales.

Le groupe baptisé « Partenaires pour un Québec français » déplore qu’en dépit de son adoption à l’unanimité en 2002 par l’Assemblée nationale, l’article 1 n’ait jamais été appliqué par les gouvernements qui se sont succédé à Québec depuis 15 ans.

Cet article de la loi 104, qui modifiait l’article 16 de la loi 101, stipule en substance que l’administration publique québécoise a l’obligation de communiquer par écrit uniquement en français avec les personnes morales et les corporations établies au Québec.

Actuellement, et depuis 15 ans, c’est un bilinguisme institutionnel à l’avantage de l’anglais qui prévaut au Québec dans les communications du gouvernement, déplore la coalition composée entre autres du Parti québécois, de Québec solidaire, du collectif Option nationale, de la Société Saint-Jean-Baptiste et de divers organismes et syndicats représentant des fonctionnaires.

« Notre propre gouvernement national se trouve à nuire à l’avenir de la langue française, notamment dans l’administration publique. » ─ Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste

Respect des lois

Affirmant avoir interpellé sans succès la ministre libérale responsable de la langue française Marie Montpetit à ce sujet, la Société Saint-Jean-Baptiste a déposé le 19 janvier dernier une poursuite pour forcer le gouvernement Couillard à respecter cette loi.

Selon Maxime Laporte, le gouvernement du Québec n’a pas exécuté la tâche que lui confiait le législateur. Ce qui soulève selon lui des enjeux de respect de la démocratie, de la souveraineté du Parlement et du respect du statut du français comme langue officielle au Québec.

Selon les Partenaires pour un Québec français, l’État doit être exemplaire en matière linguistique.

« Le Parti libéral a voté pour cette loi-là. Donc, ils sont en train de renier leur parole en refusant de mettre en application l’article 1 de la loi 104. » ─ Martine Ouellet, députée indépendante de Vachon et chef du Bloc québécois

Dans les différents ministères, le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Christian Daigle, constate lui aussi que, de plus en plus, la connaissance de l’anglais est posée comme condition d’embauche afin d’offrir une approche « service à la clientèle » voulant qu’on réponde le plus possible dans la langue dans laquelle on se fait parler plutôt qu’en français.

« On a des gouvernements pissous qui ont fait en sorte de ne pas assumer la responsabilité de l’article 1 de la loi 104. Il est temps que ça cesse. » ─ Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

« De façon très pernicieuse, l’anglais est en train de s’imposer comme langue entre l’État et les corporations. Il faut que ce gouvernement-là arrête de se mettre à genoux devant les grandes corporations parce que – oh! – on parle en anglais, il faut répondre en anglais », a déclaré Manon Massé.

Lancement d’une pétition

Afin d’obliger le gouvernement libéral à mettre en œuvre l’article 1 de la loi 104, les Partenaires pour un Québec français lancent une pétition et invitent les Québécois à la signer massivement afin de signifier au gouvernement l’importance que la langue française représente à leurs yeux.

En plus du PQ, de QS et d’Option nationale, le front commun des Partenaires pour un Québec français regroupe la Confédération des syndicats nationaux, la Centrale des syndicats du Québec, la Fédération autonome de l’enseignement, la Fédération étudiante collégiale du Québec, la Fondation Lionel-Groulx, le Mouvement national des Québécois, le Mouvement Québec français, la Société-Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec ainsi que l’Union des artistes.

SOURCE – 13/02/2018 – BORDELEAU, Stéphane

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