Québec doit s’activer pour protéger la langue

17 août 2011

Texte de Gaston Bernier, président de l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française, paru dans le quotidien Le Devoir le 17 août 2011.

Il y a deux mois, une importante manifestation internationale en faveur de la langue française, de la diversité culturelle et de l’organisation d’états généraux a eu lieu à Paris. C’était le 18 juin. Environ 1200 personnes, des Français, des Belges, des Italiens, des Africains, des Acadiens, des Québécois, se sont regroupées devant le Panthéon et ont pris part ensuite à la marche dans le Quartier latin. La manifestation de citoyens de pays et de continents divers était une première dans la francophonie. Encouragés par 44 associations et regroupements divers à montrer leur engagement en faveur du français et de son statut, les marcheurs déambulèrent derrière la banderole «Ma patrie, c’est la langue française» (Camus) et leurs étendards nationaux.

Selon Claude Hagège, la France a la mission de porter l’oriflamme de l’universalité de concert avec l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou la Russie, car elle est à la source de la Déclaration des droits de l’homme. M. Hagège s’en est pris à la surdité de la classe politique française, insensible au sort réservé à la langue et à l’idée d’en organiser des états généraux et à son parti-pris en faveur de la pensée unique diffusée en anglais.

La presse québécoise (sauf exception) n’en a pas publié de compte rendu ni repris le reportage d’agence daté du 18 juin, comme si le sort de la langue française et la diversité culturelle n’avaient pas d’importance ici, comme si la proposition d’états généraux de la langue en France n’intéressait pas les Québécois et tous les francolocuteurs.

La présence québécoise à la manifestation avait été encouragée en mai et juin par des initiatives individuelles et par la publicité diffusée par Impératif français (représenté lors de la marche par l’écrivain Alain Dubos, auteur des Amants du Saint-Laurent, 2009), par l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française, par la Société nationale des Québécois et Québécoises de la capitale. Cependant, la proximité de la Fête nationale a empêché les regroupements panquébécois (Mouvement national des Québécoises et Québécois, Mouvement Québec français, Ligue d’action nationale) d’y encadrer la présence québécoise. (NDLR Le bulletin du MQF a diffusé l’information sur cet événement.)

On peut espérer qu’à la prochaine occasion, les groupes laurentiens sauront se concerter et désigner un porte-étendard. Si les Français montent aux barricades pour défendre le statut du français, il faudrait se retrouver à leurs côtés.

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