Valérie Plante fait de la langue française un nouveau dossier à part entière au comité exécutif

18 juin 2020

Le Devoir, Jeanne Corriveau, 18 juin 2020.

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La langue française

Valérie Plante a aussi décidé de faire de la langue française un nouveau dossier à part entière au comité exécutif et d’en confier la responsabilité à Cathy Wong.

La langue française est chère au cœur de Mme Wong qui se décrit comme « une enfant de la loi 101 ». Elle estime que ce mandat est intimement lié aux autres dossiers dont elle a hérité. « Pour moi, la langue française est comme un outil d’intégration et de dialogue avec la société d’accueil. Je ne veux plus qu’on ait à opposer les minorités et la majorité. J’ai envie qu’on ait une vision collective. »

Le dossier de la langue a aussi valu à Valérie Plante de nombreuses critiques. En décembre 2018, la mairesse avait prononcé un discours uniquement en anglais lors d’une annonce devant des investisseurs étrangers et elle avait dû présenter ses excuses.

Cette importance accordée à la langue française permettra peut-être de dépoussiérer le dossier de la politique linguistique sur laquelle travaillait l’administration de Gérald Tremblay en 2003 dans la foulée des fusions municipales. Fraîchement arrivée dans ses nouvelles fonctions, Cathy Wong ignore ce qu’il adviendra de ce dossier.

Présidente du Mouvement Québec français de Montréal, Sophie Stanké, voit d’un très bon œil la création de ce mandat. « C’est un pas dans la bonne direction. Mais ce sera un défi de taille parce que Montréal est fragilisée en ce qui a trait à la langue française. Il y a beaucoup d’attentes », explique-t-elle.

Stanké estime toutefois que Valérie Plante devrait donner l’exemple et respecter le premier article de la Charte de la Ville qui stipule que Montréal est une ville de langue française. La mairesse devrait cesser de systématiquement livrer des messages en français et en anglais lors de ses conférences de presse — à moins de répondre à des questions des journalistes anglophones — et ne plus s’adresser dans les deux langues sur les médias sociaux, dit-elle : « Quand on fait une conférence bilingue, ça envoie le message que Montréal est bilingue. Mais Montréal est une ville francophone ».

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